Rénovation

Quelle est la liste des charges déductibles des revenus fonciers ?

Vincent Delaunay
Vincent Delaunay
septembre 7, 2026 6 min
Documents fiscaux etales sur bureau avec stylo noir pointant vers lignes

Un propriétaire bailleur en location nue qui opte pour le régime réel peut soustraire de nombreuses dépenses de ses recettes locatives avant de payer l’impôt. La liste des charges déductibles des revenus fonciers est longue, mais elle obéit à des règles précises que beaucoup de bailleurs appliquent mal, au risque de payer plus d’impôt que nécessaire ou, à l’inverse, de s’exposer à un redressement.

Régime réel ou micro-foncier : lequel choisir ?

Deux régimes coexistent pour l’imposition des revenus fonciers. Le micro-foncier s’applique automatiquement lorsque les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 15 000 €. Il consiste à appliquer un abattement forfaitaire de 30 %, sans avoir à justifier la moindre dépense réelle.

Le régime réel, lui, devient obligatoire au-delà de ce seuil, mais reste accessible sur option même en dessous. Il permet de déduire les charges réellement supportées, poste par poste, ce qui est souvent bien plus avantageux dès qu’un bien nécessite des travaux, porte un crédit immobilier ou génère des frais de gestion conséquents. C’est ce régime qui ouvre droit à la liste complète des charges déductibles détaillée ci-dessous.

Les grandes catégories de charges déductibles

Les charges déductibles des revenus fonciers se répartissent en quatre grandes familles : les frais de gestion, les frais financiers, les primes d’assurance et les impôts locaux. Chacune répond à des conditions précises à connaître avant de remplir la déclaration 2044.

CatégorieExemples concrets
Frais de gestionHonoraires d’agence, frais de comptabilité, frais de correspondance
Frais financiersIntérêts d’emprunt, frais de dossier, assurance emprunteur
AssurancesAssurance PNO, assurance GLI, assurance multirisque
Impôts et taxesTaxe foncière, TEOM le cas échéant, taxe sur les logements vacants

Frais de gestion et d’administration

Les frais de gestion regroupent les sommes versées à une agence immobilière pour la gestion locative, les honoraires d’un syndic ou d’un comptable, ainsi que les frais de correspondance, de déplacement ou de procédure liés à la location. Une déduction forfaitaire de 20 € par local est également admise pour les frais de gestion non justifiés, en complément des dépenses réelles justifiées.

Intérêts d’emprunt et frais financiers

Les intérêts d’emprunt contractés pour acheter, construire, réparer ou améliorer le bien loué figurent parmi les charges les plus importantes en montant. S’y ajoutent les frais de dossier bancaire, les frais de garantie et les primes d’assurance emprunteur. Ces frais financiers restent déductibles tant que le prêt finance directement le bien mis en location, quelle que soit sa durée de remboursement.

Primes d’assurance

L’assurance PNO (propriétaire non occupant) couvre les risques du logement vacant ou loué et se déduit intégralement. L’assurance GLI, qui protège contre les loyers impayés, entre également dans les charges déductibles, tout comme les contrats multirisques habitation souscrits par le bailleur.

Impôts et taxes

La taxe foncière constitue une charge déductible classique (voir les conditions détaillées pour déduire la taxe foncière des revenus fonciers), à l’exception de la part correspondant à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) lorsqu’elle est récupérée auprès du locataire. Certaines taxes annexes, comme la taxe sur les logements vacants dans des cas très spécifiques, ne sont en revanche jamais admises en déduction.

Charges de travaux : ce qui est déductible et ce qui ne l’est pas

Factures de renovation avec stylo rouge cochant lignes deductibles

Les travaux représentent souvent le poste le plus important, mais aussi le plus source d’erreurs. Tout dépend de la nature exacte de l’intervention réalisée sur le bien.

Dépenses d’entretien et de réparation

Les dépenses d’entretien et les dépenses de réparation visent à maintenir ou remettre le logement en bon état sans en modifier la consistance, l’agencement ou l’équipement initial. Une remise en état de toiture, un ravalement de façade, un remplacement de chaudière ou une réfection de plomberie entrent dans cette catégorie et sont pleinement déductibles l’année du paiement.

Dépenses d’amélioration

Les dépenses d’amélioration apportent un équipement ou un confort nouveau sans agrandir le bien, par exemple l’installation d’une salle de bain inexistante ou d’un chauffage central. Elles sont déductibles pour les locaux d’habitation, mais restent exclues pour les locaux professionnels ou commerciaux. À l’inverse, les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement ne figurent jamais parmi les travaux déductibles, quel que soit l’usage du bien.

Provisions de copropriété et charges locatives non récupérées

Pour un bien en copropriété, les provisions pour charges de copropriété versées au syndic sont déductibles l’année de leur paiement, sous réserve d’une régularisation l’année suivante en fonction des dépenses réellement engagées par la copropriété. Ce mécanisme oblige à retraiter chaque année le montant définitif, souvent oublié par les propriétaires bailleurs qui ne déduisent que la provision initiale.

Les charges locatives non récupérées auprès du locataire, notamment lorsqu’un logement reste vacant entre deux baux ou lorsqu’un ancien locataire est parti sans régler ses charges, peuvent elles aussi être déduites sous certaines conditions de justification.

Charges spécifiques souvent oubliées

Certaines dépenses passent régulièrement sous le radar des déclarations. Les indemnités d’éviction ou de relogement versées à un locataire pour récupérer le logement, dans le but de le relouer ou de le vendre plus facilement, sont déductibles si l’opération sert l’intérêt de la gestion du bien. Les frais de procédure engagés contre un locataire indélicat, les honoraires d’avocat liés à un litige locatif ou encore les frais de diagnostic obligatoires avant relocation entrent également dans cette catégorie moins connue.

10 700 € : le plafond annuel à connaître

Lorsque les charges dépassent les recettes, le déficit foncier s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Le solde, comme les intérêts d’emprunt non imputés, se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Déficit foncier : comprendre les limites et report

Documents comptables avec calculatrice et stylo noir

Quand le total des charges déductibles dépasse les revenus fonciers encaissés, le propriétaire bailleur constate un déficit foncier. Ce déficit s’impute sur le revenu global du foyer fiscal dans la limite du plafond de déduction de 10 700 €, hors intérêts d’emprunt qui ne peuvent s’imputer que sur les revenus fonciers eux-mêmes.

La fraction du déficit qui dépasse ce plafond, ainsi que la part liée aux intérêts d’emprunt, reste reportable pendant dix ans sur les futurs revenus fonciers. Ce mécanisme rend le régime réel particulièrement intéressant pour un bailleur qui engage des travaux importants une année donnée, à condition de maintenir le bien en location pendant au moins trois ans après l’imputation du déficit sur le revenu global.

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