Rénovation

Impôt sur la location meublée non professionnelle : comment est imposée la LMNP

Vincent Delaunay
Vincent Delaunay
septembre 18, 2026 6 min
Appartement meuble avec mobilier expose de face sur plan cadastral

Louer un bien meublé change la donne face à l’administration fiscale. Contrairement à la location vide, les revenus tirés d’une location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec des règles de déclaration et des régimes d’imposition spécifiques. Voici ce qu’il faut savoir pour déclarer correctement ses loyers en tant que loueur en meublé non professionnel.

Qu’est-ce que la location meublée non professionnelle (LMNP) ?

Le statut de LMNP concerne toute personne qui met en location un logement équipé du mobilier nécessaire à la vie quotidienne, sans que cette activité constitue sa profession principale. Les revenus locatifs perçus sont alors imposés dans la catégorie des BIC, et non dans celle des revenus fonciers réservée à la location nue. Ce statut couvre aussi bien un appartement classique qu’un meublé de tourisme ou des chambres d’hôtes (voir aussi le dépôt de garantie pour une location meublée).

La qualification en LMNP dépend surtout du niveau de revenus générés et du lien avec l’activité professionnelle du loueur. Tant que certains seuils ne sont pas franchis, le loueur reste non professionnel, ce qui influe directement sur le mode d’imposition et sur les possibilités de déduction des déficits.

LMNP vs LMP : les critères de distinction

La bascule du statut LMNP vers le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) se produit lorsque deux conditions sont réunies simultanément : les recettes locatives annuelles dépassent le seuil de 23 000 euros, et ces recettes excèdent les autres revenus professionnels du foyer fiscal. Si une seule de ces conditions manque, le loueur reste en LMNP, quel que soit le montant de ses revenus locatifs.

Cette distinction a des conséquences fiscales importantes. Le statut LMP permet notamment d’imputer les déficits sur le revenu global et bénéficie d’exonérations spécifiques sur la plus-value en cas de revente, alors que le LMNP reste soumis à des règles plus restrictives, notamment sur l’imputation des déficits limitée aux revenus de même nature.

Régimes d’imposition en LMNP : micro-BIC ou réel simplifié

Documents fiscaux et calculatrice sur bureau comptable

Deux régimes s’appliquent aux revenus locatifs issus d’une location meublée non professionnelle. Le choix entre eux dépend du montant des recettes annuelles et de la stratégie fiscale souhaitée.

Le régime micro-BIC

Le régime micro-BIC s’applique automatiquement lorsque les revenus locatifs annuels ne dépassent pas 77 700 euros pour une location meublée classique, ou 188 700 euros pour un meublé de tourisme classé. Il permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes (jusqu’à 71 % pour certains meublés de tourisme classés), censé couvrir l’ensemble des charges. Aucune comptabilité complexe n’est requise, ce qui en fait un choix simple pour les petits loueurs.

Le régime réel simplifié

Le régime réel simplifié devient obligatoire au-delà des seuils du micro-BIC, mais peut aussi être choisi volontairement en dessous. Il autorise la déduction des charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, taxe foncière, frais de gestion) et surtout la pratique de l’amortissement du bien et du mobilier, un mécanisme comptable qui réduit fortement le résultat imposable sans sortie de trésorerie. Ce régime impose la tenue d’une comptabilité et le dépôt d’une déclaration 2031 accompagnée de ses annexes.

CritèreMicro-BICRéel simplifié
Seuil de recettesJusqu’à 77 700 €Au-delà, ou sur option
Charges déduitesAbattement forfaitaire 50 %Charges réelles + amortissement
ComptabilitéAucuneBilan et déclaration 2031
Intérêt principalSimplicitéOptimisation fiscale
L’amortissement, l’arme fiscale du réel

Avec le réel simplifié, le bien immobilier et le mobilier peuvent être amortis sur plusieurs années. Ce mécanisme permet souvent d’afficher un résultat fiscal nul, voire négatif, alors même que le loueur perçoit des loyers positifs sur son compte bancaire.

Démarches obligatoires : déclaration de début d’activité et SIRET

Toute personne qui débute une activité de location meublée doit déclarer son activité dans les 15 jours suivant le premier loyer perçu. Cette démarche s’effectue via le formulaire P0i, à déposer auprès du greffe du tribunal de commerce compétent ou, selon les cas, directement en ligne. Cette déclaration permet l’obtention d’un numéro SIRET, indispensable pour identifier l’activité auprès de l’administration.

Ce numéro SIRET n’implique pas automatiquement un changement de statut fiscal : il s’agit d’une obligation administrative liée à l’exercice d’une activité commerciale, même exercée à titre non professionnel. L’absence de déclaration peut entraîner des pénalités lors d’un contrôle.

Comment déclarer ses revenus de location meublée

La déclaration des revenus locatifs issus d’une LMNP s’effectue chaque année via la déclaration 2042, complétée par l’annexe 2042-C-PRO qui recense les BIC. En régime micro-BIC, il suffit d’indiquer le montant brut des recettes perçues, l’abattement étant calculé automatiquement par l’administration. En régime réel simplifié, le résultat fiscal calculé dans la déclaration 2031 est reporté sur la 2042-C-PRO.

Ces revenus s’ajoutent ensuite au revenu global du foyer fiscal et sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ainsi qu’aux prélèvements sociaux. Le prélèvement à la source s’applique via un acompte calculé sur la base des revenus déclarés l’année précédente, régularisé lors de la déclaration annuelle.

Cotisation foncière des entreprises (CFE) et exonérations

Formulaire fiscal immobilier avec calculatrice et documents locatifs

L’exercice d’une activité de location meublée entraîne en principe l’assujettissement à la cotisation foncière des entreprises (CFE), due chaque année auprès du service des impôts des entreprises dont dépend le bien loué. Son montant varie selon la commune et la valeur locative du logement.

Certaines situations ouvrent droit à une exonération de CFE, notamment lorsque le bien loué constitue une partie de la résidence principale du loueur, ou dans le cas de chambres d’hôtes exploitées dans des conditions précises. Les communes peuvent également décider d’exonérer certains meublés de tourisme classés. Il reste conseillé de vérifier chaque année si ces conditions d’exonération restent remplies, notamment via l’article sur CFE et taxe d’habitation en location saisonnière, car la taxe d’habitation sur les résidences secondaires peut aussi s’ajouter selon la nature du bien loué.

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