Le dépôt de garantie est demandé par le propriétaire au moment de la signature du bail. En location meublée, son montant et ses règles diffèrent de la location vide, et beaucoup de locataires se trompent sur ce qu’ils peuvent réellement exiger ou contester.
Montant du dépôt de garantie en location meublée
Pour une location meublée, le propriétaire peut demander jusqu’à 2 mois de loyer hors charges, contre un seul mois en location vide. C’est la principale différence entre les deux statuts, et elle s’explique par l’usure plus rapide du mobilier et des équipements fournis avec le logement.
Plafond légal : 2 mois de loyer hors charges
Le calcul se fait toujours sur le loyer hors charges, jamais sur le montant total incluant la provision sur charges. Si le loyer nu est de 700 euros et les charges de 80 euros, le dépôt de garantie maximum autorisé est de 1400 euros, pas 1560 euros. Un propriétaire qui dépasse ce plafond commet une irrégularité, même si le locataire a signé le bail sans protester.
Cas du bail mobilité : pas de dépôt de garantie
Le bail mobilité, réservé aux locations meublées de courte durée (1 à 10 mois) destinées aux étudiants, stagiaires ou salariés en mission, interdit purement et simplement la demande d’un dépôt de garantie. C’est une spécificité à connaître pour ceux qui signent ce type de contrat, souvent proposé lors d’une mobilité professionnelle ou d’un stage.
À quoi sert le dépôt de garantie ?
Cette somme sert de protection au propriétaire face à deux risques principaux : les loyers impayés pendant la durée du bail et les éventuelles dégradations constatées à la sortie du locataire. Elle ne couvre en aucun cas l’usure normale des équipements, qui reste à la charge du bailleur au titre de la vétusté.
Le dépôt de garantie n’est pas un dernier mois de loyer d’avance. Le locataire ne peut pas décider unilatéralement de ne pas régler son dernier mois en considérant que la somme versée en garantie viendra le compenser. Cette pratique, fréquente mais risquée, expose à des pénalités et complique la restitution du dépôt.
Modalités de versement du dépôt de garantie

Le versement s’effectue au moment de la signature du bail, en une seule fois. Il peut se faire par chèque ou par virement, selon ce qui est convenu avec le propriétaire ou l’agence. Aucune loi n’impose un mode de paiement précis, mais il est conseillé de conserver une preuve du versement (copie du chèque, relevé bancaire) pour éviter tout litige ultérieur sur le montant réellement remis.
Certains bailleurs demandent en parallèle une caution solidaire, c’est-à-dire l’engagement d’un tiers (souvent un parent) à régler les dettes locatives en cas de défaillance du locataire. Cette caution est indépendante du dépôt de garantie : les deux mécanismes peuvent coexister dans le même bail sans que cela soit anormal.
Restitution du dépôt de garantie : délais et conditions
À la fin du bail, le propriétaire doit restituer le dépôt de garantie dans un délai encadré par la loi. Ce délai de restitution dépend directement du résultat de la comparaison entre l’état des lieux d’entrée et celui de sortie.
Délais selon l’état des lieux de sortie
| Situation | Délai de restitution |
|---|---|
| État des lieux de sortie conforme à l’entrée | 1 mois maximum |
| Différences constatées (dégradations, éléments manquants) | 2 mois maximum |
Passé ce délai, la loi Alur prévoit une majoration : le propriétaire doit verser une pénalité équivalente à 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard, jusqu’au versement effectif du solde restant.
Retenues autorisées et interdites
Le propriétaire peut légitimement retenir une somme sur le dépôt de garantie pour couvrir des loyers impayés, des dégradations constatées lors de l’état des lieux de sortie, comme des trous dans les murs facturables au locataire, un mobilier cassé ou des taches irréversibles, ou encore des charges non régularisées. Chaque retenue doit être justifiée par une facture, un devis ou un document comparatif entre les deux états des lieux.
En revanche, l’usure normale liée au temps qui passe ne peut jamais être facturée au locataire. Une peinture qui a jauni, un canapé dont le tissu s’est légèrement détendu ou un parquet qui a perdu de son éclat relèvent de la vétusté, et non d’une dégradation imputable à l’occupant. Cette distinction est souvent source de désaccord, car l’appréciation reste parfois subjective.
Vétusté ou dégradation : la nuance qui change tout
Un mur légèrement décoloré par le soleil après plusieurs années d’occupation relève de l’usure normale. Un trou percé sans réparation ou une tache de vin incrustée dans une moquette relève, lui, d’une dégradation facturable. La différence tient souvent à la présence ou non d’un dommage réversible.
Que faire en cas de restitution tardive ou de litige ?
Si le propriétaire ne restitue pas la somme dans les délais légaux, une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception constitue la première étape. Elle rappelle les délais légaux et la pénalité de 10 % applicable par mois de retard.
Sans réponse, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, une démarche gratuite qui permet souvent de débloquer la situation sans passer par un tribunal. En dernier recours, le tribunal judiciaire peut être saisi, notamment via une procédure d’injonction de payer si le montant du litige reste modéré. Il faut garder en tête que l’action en restitution se prescrit après trois ans, un délai de prescription qu’il vaut mieux ne pas laisser filer (voir notre article sur récupérer sa caution après 10 ans de location).
FAQ : questions fréquentes

Le dépôt de garantie peut-il servir de dernier mois de loyer ?
Non. Le locataire doit régler son dernier mois normalement ; le dépôt de garantie n’est restitué qu’après l’état des lieux de sortie, une fois les éventuelles retenues déduites.
Le propriétaire doit-il placer le dépôt de garantie sur un compte séparé ?
Aucune obligation légale n’existe en ce sens pour les particuliers. La somme peut rester sur le compte courant du bailleur jusqu’à la restitution.
Que se passe-t-il si le locataire quitte le logement avant la fin du préavis ?
Le dépôt de garantie reste dû dans les mêmes conditions, la date de départ effective des lieux servant de point de référence pour les délais de restitution.