Quitter un logement meublé obéit à des règles plus souples que pour un logement vide. Le locataire qui souhaite donner son congé doit respecter un délai précis et une procédure d’envoi encadrée par la loi. Voici comment calculer ce délai, rédiger sa lettre et organiser sa sortie du logement.
Quelle est la durée du préavis pour quitter une location meublée ?
Pour un bail meublé, la durée préavis 1 mois s’applique quel que soit le motif du départ du locataire. Ce délai est plus court que celui d’un logement vide, fixé à trois mois, ce qui reflète la nature plus flexible de ce type de location. Le locataire n’a pas besoin de justifier son congé : il lui suffit de respecter ce délai d’un mois et de suivre la procédure de notification prévue par la loi Alur.
Ce préavis réduit s’applique de la même manière en zone tendue ou non, contrairement au régime du logement nu où le motif du départ peut parfois ouvrir droit à un délai plus court. En meublé, la règle est simple et unique : un mois, sans condition particulière à remplir.
Comment notifier son départ au propriétaire ?
Les modes de notification valables
La résiliation bail par le locataire doit être notifiée au bailleur selon l’un des trois moyens reconnus par la loi. La lettre recommandée avec accusé de réception reste le mode le plus utilisé, car elle offre une preuve de date fiable. La remise en main propre contre récépissé est également valable, à condition que le propriétaire signe et date un document attestant la réception du congé. Enfin, le recours à un huissier de justice (désormais appelé commissaire de justice) constitue une option plus formelle, souvent choisie en cas de relations tendues avec le propriétaire.
Un simple e-mail ou un SMS ne suffit pas à formaliser un congé locataire en bonne et due forme, même si certains propriétaires acceptent ces modes informels par souplesse. Pour éviter toute contestation, mieux vaut toujours privilégier l’un des trois modes reconnus légalement.
Point de départ du préavis selon le mode d’envoi
Le point de départ du préavis varie selon le moyen utilisé. Avec une LRAR, c’est la date de réception de la lettre par le bailleur qui fait foi, et non la date d’envoi. En cas de remise en main propre, le préavis commence le jour même de la signature du récépissé. Si le congé est délivré par huissier, c’est la date de signification de l’acte qui sert de point de départ.
Cette distinction a son importance : un locataire qui envoie sa lettre le 5 du mois mais dont le propriétaire ne la reçoit que le 9 verra son préavis débuter le 9, et non le 5. Il est donc conseillé d’anticiper le délai postal, surtout en fin de mois.
L’erreur à ne pas commettre avec la date d’envoi
Beaucoup de locataires pensent que le préavis démarre dès l’envoi de la lettre. En réalité, seule la date de réception (ou de signature, ou de signification) compte. Envoyer sa lettre trop tard dans le mois peut décaler involontairement la date de sortie prévue.
Que doit contenir la lettre de préavis d’une location meublée ?

La lettre de congé doit mentionner plusieurs informations pour être valable. Elle doit indiquer l’identité complète du locataire, l’adresse exacte du logement meublé concerné, ainsi que la date à laquelle il souhaite quitter les lieux. Il est recommandé de préciser également la date d’envoi et de rappeler la durée légale du préavis applicable, à savoir un mois pour un meublé.
Le locataire n’a aucune obligation de justifier son départ dans cette lettre. Il peut simplement indiquer sa volonté de résilier le bail, sans détailler ses motivations personnelles ou professionnelles.
Modèle de lettre de résiliation pour un logement meublé
Voici une trame simple à adapter selon la situation :
« Je soussigné(e) [Nom, Prénom], locataire du logement situé [adresse complète], vous informe par la présente de mon souhait de quitter ce logement à compter du [date souhaitée]. Conformément à l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989, je respecte un préavis d’un mois à compter de la réception de ce courrier. Je vous prie de bien vouloir organiser avec moi un état des lieux de sortie à une date convenant à nos deux parties. Je vous remercie de me confirmer la bonne réception de ce courrier. »
Cette lettre peut être envoyée en LRAR, remise en main propre contre récépissé, ou signifiée par commissaire de justice selon le mode choisi.
Sortie du logement : état des lieux et restitution du dépôt de garantie
À la fin du préavis, un état des lieux de sortie doit être réalisé en présence du locataire et du bailleur, ou de leurs représentants. Ce document, comparé à l’état des lieux d’entrée, permet de constater l’état du logement et de justifier d’éventuelles retenues sur le dépôt de garantie.
Le locataire reste redevable des loyers et charges jusqu’à la fin effective du préavis, même s’il quitte le logement avant cette date. Une fois l’état des lieux réalisé et validé, le propriétaire dispose d’un délai légal pour restituer le dépôt de garantie (généralement un mois si aucune dégradation n’est constatée, ou deux mois en cas de retenues justifiées) : retrouvez le détail sur le dépôt de garantie en location meublée et sa récupération.
| Situation | Délai de préavis |
|---|---|
| Location meublée classique | 1 mois |
| Bail mobilité | Pas de préavis anticipé (départ à échéance du bail) |
| Location vide (rappel) | 3 mois (ou 1 mois en zone tendue) |
Cas particuliers : colocation, bail mobilité et préavis propriétaire

En colocation meublée, chaque colocataire peut donner son congé individuellement selon les mêmes règles d’un mois, sans que cela n’affecte automatiquement le bail des autres occupants s’il s’agit de baux séparés. En cas de bail unique avec clause de solidarité, le départ d’un colocataire ne met pas fin au contrat pour les autres, sauf accord contraire.
Le bail mobilité, réservé à certains publics comme les étudiants ou salariés en mission temporaire, fonctionne différemment : il ne peut pas être reconduit ni renouvelé, et le locataire n’a pas besoin de donner de préavis classique puisque le contrat s’arrête à son terme initial, sauf départ anticipé qui reste alors soumis au préavis d’un mois.
Côté propriétaire, la situation est plus encadrée. Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, et uniquement pour trois motifs reconnus : le congé pour vente, le congé pour habiter (reprise du logement pour lui-même ou un proche), ou un motif légitime et sérieux, comme des impayés répétés ou des troubles de voisinage avérés. Ce préavis propriétaire est généralement de trois mois avant la fin du bail meublé, contre six mois pour un logement vide.